Les conditions de mer et de vent ne faiblissent pas… au contraire. Nous ne dormons que quelques heures, pour les plus chanceux (pour ma part, 1 heure tout au plus). Une chaleur étouffante règne dans les cabines. Nous ne pouvons pas ouvrir les hublots en raison des vagues qui parcourent le pont. Des déferlantes viennent régulièrement s’abattre sur la coque du bateau, à tribord. A chaque fracas, un énorme bruit sourd est amplifié par la caisse de résonnance que constitue la cabine. Pour assurer notre sécurité, nous nous équipons d’un harnais dès notre prise de quart. Le pilote présente toujours des défaillances et il nous est nécessaire de barrer. Nous mettons toutefois le moteur en route, au point mort, vers 3h30. La vitesse maximum de vent enregistré est de 40 nœuds ! Nous avons affalé la grand voile. Il ne reste plus que le génois auquel nous avons pris des ris (réduction de la surface de voile). Malgré tout, l’unité centrale du bateau affiche une vitesse de pointe de 19,5 nœuds !!! La houle est importante et les creux atteignent parfois 5 mètres. Il arrive que le bateau emmené par une vague, surfe puis s’enfonce dans la mer, de l’étrave jusqu’à la base du mat. Des vagues s’invitent dans le cockpit, de temps en temps accompagnées de poissons volants naufragés. Au lendemain de cette nuit mouvementée, les traits sont tirés…
Nuit blanche, sieste pour revanche...